Bonsoir,
et bien, cette nouvelle constitution est adoptée...grâce à une majorité obtenue d'une voix. Cela s'appelle la démocratie, la dessus, pas grand chose à redire.
Par contre, la fameuse voix, bien entendu, appartient à tous ceux qui ont voté "pour"... mais dans la tête de beaucoup, et dans la mienne, elle appartient un peu plus à Jack Lang qu'aux autres !
Bravo Jacko, ce vote courageux donne à ton président une victoire qu'il ne va pas manquer d'utiliser politiquement...
Cette voix pése lourd ; elle permet l'adoption de cette nouvelle constitution, sans :
- le droit de vote aux étrangers aux élections locales,
- l'instauration d'une dose de proportionnelle à tous les scrutins,
- la modification du mode de scrutin au Sénat,
- la limitation du cumul des mandats,
dépêche de dernière minute: Jack Lang est prochainement candidat aux sénatoriales, afin de briguer la présidence de la République....non, la présidence du Sénat ! ...pardon .
bonne fête de la musique...
cordialement,
sm
Bonjour,
Débat, Débat...
Ci-dessous, Robert Badinter - l'excellent Robert Badinter - revient sur les raisons du refus des socialistes - sauf JACK !!- de voter la révision constitutionnelle. Vous lirez vous- même.
Cependant, si Robert Badinter rédige là un papier de qualité, je le trouve un peu court sur quelques points. Car en bon socialiste, il n'évoque, ni la question de la proportionnelle, ni celle du cumul des mandats....tout comme le président sarkozy, qui a également oublié ces deux sujets dans "sa" révision constitutionnelle.
C'est bien dommage....
Le cumul des mandats: pouvoir cumuler un poste de président de conseil général et de parlementaire, ou être député et maire, ou être ministre et maire, ne permet pas à "l'élu" d'être vraiment à son "poste", on le sait bien. Quand on est partout à la fois, on est absent partout !
Ce sont les collaborateurs de l'élu qui font le travail, pas l'élu lui-même...
Or, nous avons voté pour un ou une élue, pas pour ses collaborateurs...bref, il faut limiter ce cumul des mandats, mais pour cela, il faut "affronter" les baronies locales...
Celui nécessite un peu de courage - si peu ! -; et à ce jour, ni le PS, ni l'UMP n'ont eu ce courage ;
ou pire, je me demande - j'ose !- s'il n'y a pas une alliance objective entre les deux grands partis sur ce sujet, avec un UMP qui l'assume et un PS un peu honteux.... - mais si peu ! -
mais j'en "causais" déja ici :
La proportionnelle: réunir les conditions d'une représentativité la plus juste possible des forces politiques existantes en France , tout en assurant, bien entendu, une majorité ... aux majoritaires, est faisable sans aucun problème, il suffit pour cela d'instaurer une dose - au moins ! - de proportionnelle à toutes les élections.
Cela permet que la pluralité s'exprime, certes, au détriment des deux partis "majoritaires", le PS et l'UMP... qui, pour l'instant, refusent tous les deux cette dose de proportionnelle...
La révision constitutionnelle de "sarko" est minimale et sans envergure. J'espère qu'elle sera rejetée, même si je n'ignore pas le poids de l'Elysée sur les élus de " base" de droite. En effet, la menace à la suppression d'une subvention sur un projet local soutenu par le maire...qui est aussi député va peser ....
Qui va l'emporter ? le maire ou le député ?
comme quoi, CQFD: le cumul des mandats est un bon moyen de limiter l'indépendance des députés !
cordialement,
sm
Point de vue
Non à l'hyperprésidence, par Robert Badinter
LE MONDE | 19.07.08 | 14h49 • Mis à jour le 20.07.08 | 17h20
ertains se demandent si, en refusant de voter la révision constitutionnelle, les socialistes ne sont pas en train de passer à côté d'une opportunité : rééquilibrer les institutions. La réponse est non. Cette révision est une occasion perdue, non pour les socialistes, mais pour la République. Nos institutions souffrent d'un mal profond : l'hyperpuissance du président. Il est le véritable chef du gouvernement, pour ne pas dire le gouvernement à lui seul, dans la pratique actuelle de l'Elysée. Et, depuis le quinquennat et la succession des élections présidentielle et législatives, il est le chef réel de la majorité présidentielle à l'Assemblée. La séparation des pouvoirs n'est plus qu'apparence. De surcroît, ce pouvoir sans pareil n'est assorti d'aucune responsabilité. J'appelle ce régime la monocratie : le pouvoir d'un seul dans la République.
Or le projet de révision ne réduit pas les pouvoirs du président. Il les accroît en lui permettant de s'adresser directement aux parlementaires réunis en Congrès. Le président présentera un bilan flatteur de son action et fera acclamer par sa majorité son programme de gouvernement. Le premier ministre comme chef de la majorité parlementaire disparaît. Le renforcement des prérogatives du Parlement, premier objectif de la révision selon le président, est un leurre en termes de pouvoir réel. Tant que le président sera le chef incontesté de la majorité à l'Assemblée, le Palais-Bourbon demeurera une annexe du palais de l'Elysée. "Cy veut le Roi, cy fait la loi", l'axiome de l'Ancien Régime demeure la règle sous la V
e République.
Quant aux pouvoirs de nomination du président aux grandes fonctions (Conseil constitutionnel, CSA, etc.), on annonce "un changement considérable" : le choix du président pourra être refusé par un vote des trois cinquièmes des membres d'une commission parlementaire. Mais un tel vote requiert le concours de la majorité présidentielle, qui ne sera jamais donné contre la volonté du président. Si on voulait rendre ces nominations consensuelles, il faudrait une majorité positive des trois cinquièmes nécessitant l'accord de l'opposition. On est loin du compte.
D'autres font valoir que la réforme accorde à l'opposition parlementaire des droits nouveaux. Mais il faut regarder la portée des textes et non pas seulement l'étiquette. On nous dit : le Parlement aura la maîtrise de la moitié de l'ordre du jour, "un progrès immense". Mais qu'en est-il pour l'opposition ? Le projet lui réserve un jour pour trois semaines, à partager avec les centristes. Belle avancée démocratique !
Autre exemple. Le président annonce que la présidence d'une commission parlementaire sur huit sera réservée à l'opposition. Pourquoi pas trois ? Nous ne demandons pas des pourboires, mais un rééquilibrage.
Enfin, la révision proposée consolide le mode d'élection archaïque des sénateurs, qui assure à la droite une majorité pérenne au Sénat. Cette situation est un défi à la démocratie. Le comité Balladur avait ouvert la voie à un changement possible. La droite sénatoriale a tout refusé à ce sujet. Elle entend demeurer maîtresse du Sénat et, par là, de toute révision constitutionnelle proposée par la gauche. Lors de la prochaine alternance, la gauche devra donc présenter un projet de révision constitutionnelle, soumis directement au pays par voie de référendum. Il devra inclure la reconnaissance du droit de vote aux élections municipales des immigrés régulièrement établis en France. Cette réforme-là, si importante pour l'intégration, est ignorée par l'actuelle révision.
Dans ces conditions, libre à qui le veut de danser un pas de deux constitutionnel avec le président de la République. Ce n'est pas notre choix.
Robert Badinter, sénateur, ancien président du Conseil constitutionnel
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