"Agir sérieusement, sans se prendre au sérieux !"
non au cumul des mandats!
Aprés les élections, le débat sur le cumul des mandats d'élus se pose inévitablement. Tous les partis politiques - ceux qui acceptent de se confronter aux réalités du pouvoir !- sont amenés à se positionner sur la question. Curieusement, face à l'épreuve du cumul, ces derniers l'acceptent !...non pas forcément dans le discours, mais souvent de façon inévitable dans la pratique. Ce qui est bien dommage !
Alors bien entendu, il ne s'agit pas pour moi de m'associer aux "poujados" ou aux "anti-élus" primaires. Ce n'est pas mon propos. Les élus travaillent beaucoup; j'en suis convaincu.
Par contre, il me semble qu'un pays, qui se veut vraiment démocratique, doit réfléchir à ces situations de cumul des mandats.... Car ce qui compte, c'est la vitalité démocratique, c'est la possibilité au plus grand nombre d'être associé aux décisions prises. Que chacun s'approprient les tenants et les aboutissants d'une question posée, que chacun donne son avis et participe à l'élaboration collective; et c'est la démocratie qui ressort gagnante et renforcée.
Mais ce sont aussi les citoyens, qui par leur participation active, sont véritablement les...acteurs du changement et de l'amélioration de leurs conditions de vie.
C'est bien connu, la démocratie ne s'use que si on ne s'en sert pas ! ...
...et le cumul des mandats est une façon de ne pas faire fonctionner réellement la démocratie.
Pourquoi ?
- le cumul des mandats confisque le pouvoir dans les mains de quelques uns: en effet, les dernières élections locales le prouvent. Aprés ces élections, on se rend compte que la réalité du pouvoir - les exécutifs - est détenue par une minorité d'élus, qui peuvent être à la fois, député, adjoint au maire, président de la structure intercommunale, ou bien député, maire et conseiller général ou adjoint au maire, délégué d'agglo et conseiller régional...bref, la liste est longue des cumuls - légaux !- qui s'oppérent dans l'agglomération.
Est ce sérieux ? Qui peut croire qu'un maire, qui peut aussi être vice président d'une agglomération, ainsi que député, peut vraiment avoir le temps nécessaire pour mener à bien tout le travail qu'il a à faire?
Il faut bien se rendre compte de ce que cela représente: - le maire est membre de l'assemblée plénière de la commune, il anime les réunions de majorité, il participe à des commissions , il siège dans des syndicats intercommunaux, il siége au bureau de l'agglomération, il siège aux assemblées plénières, il participe aux travaux des commissions. ...et s'il est député, il est à Paris au moins deux jours par semaine, participe à l'assemblée plénière mais aussi au travail des commissions...qui peut faire cela ?
- le cumul des mandats est synonyme du cumul des indemnités: le cumul des mandats, dans une période de chômage massif, est aussi perçu comme un moyen d'enrichissement comme un autre. Or, pour moi, la fonction élective républicaine ne doit pas être un moyen comme un autre de s'enrichir. Ceci est un engagement pour le bien public, pas pour celui de son compte en banque !...De plus, on sait bien qu'à force d'être partout, on fini par être nulle part...et l'élu rémunère des collaborateurs pour faire à sa place son travail d'élu. Il y a donc en quelque sorte "tromperie sur la marchandise"... car de plus, pour faire croire qu'il est sur le terrain, l'élu met en place bien souvent une politique de communication efficace, qui vise à faire croire ...qu'il est sur le terrain, alors qu'il consacre beaucoup de son temps dans des réunions.
- le cumul est l'ennemi de la politique: La situation de cumul décridibilise LA politique, car il n'est en rien un gage de réussite du travail mené, ni même d'efficacité. Il est contraire à la démocratie car il vise à faire croire qu'il faudrait accumuler le pouvoir sur quelques uns pour obtenir des résultats. ...Abolissons alors la démocratie !...
Mais je ne rejète pas le cumul des mandats totalement. Il ne me semble pas totalement impossible qu'un député puisse être conseiller municipal, à condition de ne pas faire parti de l'exécutif. Par contre, cumuler plus de deux mandats dans deux executifs différents ne me semble pas raisonnable.
Par contre, pour les autres mandats que parlementaire ou président de collectivité térritoriale, il me semble possible d'allier son activité professionnelle à mi-temps avec un mi-temps d'élu. Cela me semble être le bon choix pour être connecté avec la réalité du monde du travail, tout en ayant un engagement d'élu.
C'est dans ce sens que j'espère que la proposition de Jack Lang de rendre impossible le cumul d'un mandat de député et de maire ou de président d'un exécutif territorial sera intégrée à la révision institutionnelle !... avec en plus, une limitation dans la durée du mandat.
Quel sens cela a-t-il d'être pendant 25 ou 30 ans le Maire de sa commune ? L'exemple pathétique de Jean-marie Rausch, l'ancien maire de Metz, devrait faire méditer tous les élus qui s'accrochent à leur mandat. Celui de Jean-pierre Brard également .
Par la loi, je pense qu'il faut limiter la possibilité de cumuler trois mandats identiques successifs en rendant obligatoire la réintégration à temps complet de l'ancien élu au sein de son dernier employeur. ( privé ou public)
Pour conclure, à ceux qui pensent que le cumul permet d'imposer leur " leadership" , il ne me semble pas que la position de Ségolène Royal soit affaiblie depuis qu'elle a décidé de ne pas pratiquer de cumul en n'étant "que" présidente de Région. bien au contraire... La liste, sans cesse croissante de ses opposants l'atteste; si elle ne comptait pas, elle ne serait pas aussi "attaquée"...
Je trouve sa décision assez visionnaire et j'espère qu'elle en fera un thème de campagne à l'avenir...au moins au sein de son parti !
Et que dire de Bertrand Delanoë, d'Alain Juppé, d'Antoine Ruffenacht ou de Martine Aubry, qui ne sont "que" maire, et qui ont battu des concurrents qui étaient ...député !...
non, décidément, je n'apprécie pas le cumul des mandats....
stéphane martot